Par CHRISTIAN QUEYROUX | ADMINISTRATEUR DU THINK TANK FRATERNITE | DIRECTEUR D'HÔPITAL HONORAIRE | ANCIEN SECRETAIRE GENERAL DE L'EHESP

Dans le cadre des États généraux de la Santé et de la Protection sociale je viens de participer à la journée de travail organisée à Arras par le Think Tank Fraternité et 6 autres associations La Vie Active, la FISAF, l’ALEFPA , La Fédération des Acteurs de la Solidarité des Hauts de France, le Grand Orient de France et l’Association Jules Catoire qui accueillait les participants dans ses locaux très chargés en symboles quant à la lutte contre les vulnérabilités dans un quartier dédié pendant des siècles à l’accueil de la misère.

Participants et intervenants au nombre d’une petite centaine entre le matin consacré à la pauvreté et l’après-midi au vieillissement ont écoutés les personnalités exposer la situation et les enjeux puis se sont réunis en sous-groupes pour élaborer des propositions qui seront transmises aux organisateurs nationaux.

Ces travaux et les échanges entre nous m’ont inspiré quelques réflexions que je vous livre dès aujourd’hui et qui ne prétendent nullement constituer un compte rendu.

Tout d’abord le sujet de l’après-midi concernait une situation inéluctable le Vieillissement et celui du matin au contraire une autre qui pourrait reculer et n’est pas inéluctable la Pauvreté.

Sur ce sujet, les différents intervenants ont cependant dressé un constat inquiétant entre acteurs rendus impuissants par les réformes imposées aux collectivités locales, finances étranglées et dépendantes. Ils ont également souligné la progression du nombre de personnes concernées par le seuil de pauvreté ainsi que le sentiment d’inquiétude de nombre de nos concitoyens.

Le modèle conçu par le Conseil National de la Résistance apparaît très fragilisé alors qu’il a permis à nos concitoyens de bénéficier d’une meilleure situation, grâce notamment aux transferts sociaux.

Le deuxième sujet visait à réfléchir sur la manière d’accompagner nos concitoyens vieillissants pour maintenir aussi longtemps que possible leur autonomie.
Là encore ce qui a fait débat au-delà des solutions matérielles concrètes c’est bien sûr l’impact de la démographie sur les moyens nécessaires à les réaliser.

En d’autres termes dans les deux demi-journées le cœur des préoccupations était comment la solidarité nationale pourra-t-elle financer les besoins des personnes les plus vulnérables de notre société.

Quel que soit le nom qui pourrait être donné aux modalités de financement de cette solidarité, il faudra trouver les fonds dans un contexte économique et politique national et international défavorable.

Ce que je retiens de ces rencontres et de nos échanges, c’est avant tout l’engagement remarquable de l’ensemble des acteurs présents : les bénévoles, mais aussi les professionnels et les associations, dont le rôle est central et déterminant. Par leur capacité d’expérimentation sociale, d’innovation de terrain et de mise en œuvre concrète des politiques publiques, ils constituent un maillon essentiel de l’action collective. Sans cet engagement humain et ces compétences croisées, les seules ressources financières n’auraient jamais suffi à déployer, à une telle échelle, l’ensemble des actions menées partout en France.

Par ailleurs le champ de la Solidarité ce sont aussi des emplois dans l’aide aux personnes et l’accompagnement de l’insertion qui contribuent à maintenir un tissu social.

Revenant de cette journée très riche en idées examinées et en personnes rencontrées, j’ai été conduit à situer nos réflexions et nos engagements dans un cadre national et international dont la violence et l’absence de solidarité sont les caractéristiques actuelles entre richesses démesurées et décomplexées de quelques individus qui plaident pour un libéralisme débridé et pauvreté planétaire dont l’un d’entre eux Elon Musc envisage peut-être de l’exporter sur Mars.

Un reportage relatif à l’intelligence artificielle m’a fait découvrir comment de très pauvres, travailleurs indiens, sont contraints de se laisser filmer pour préparer les modèles qui permettront à des robots guidés par l’intelligence artificielle de les priver d’emploi.

Ceci n’a fait que renforcer ma conviction du combat nécessaire pour les Droits de l’Homme tels qu’ils avaient été énoncés par la déclaration des Nations Unies après des années noires pour l’Humanité qu’il ne faudrait pas faire revivre à nos descendants.

C’est en tous cas un sujet sur lequel chaque candidat à la Présidence de la République en 2027 devra apporter des réponses dont il faut espérer qu’elles contribueront à le promouvoir ou à l’écarter de la magistrature suprême.

CHRISTIAN QUEYROUX | ADMINISTRATEUR DU THINK TANK FRATERNITE | DIRECTEUR D'HÔPITAL HONORAIRE | ANCIEN SECRETAIRE GENERAL DE L'EHESP

Le 17 juin 2026